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Gymnure de Leuser

Décrit formellement en 2023, le Gymnure de Leuser n’est connu que des forêts de haute altitude du mont Leuser, dans le nord de Sumatra.
Taxonomie
| Royaume: | Animalia |
| Phylum: | Chordata |
| Classe: | Mammalia |
| Commande: | Eulipotyphla |
| Famille: | Erinaceidae |
| Genre: | Hylomys |
| Espèces: | Hylomys vorax |
Ce n’est pas un « vrai » hérisson
Le gymnure de Leuser, comme tous les autres membres du groupe des hérissons poilus, partage des ancêtres communs avec les vrais hérissons, mais s’en distingue nettement par son apparence et son comportement. Tous deux sont insectivores et nocturnes, dotés de sens aiguisés, mais contrairement aux hérissons épineux, le gymnure de Leuser possède un pelage doux, est dépourvu de piquants défensifs, ne peut se mettre en boule et se déplace avec une agilité furtive rappelant celle des musaraignes.
Aire de répartition naturelle et habitat
Cette espèce est endémique du mont Leuser, au nord de Sumatra (Indonésie), où elle vit à des altitudes comprises entre 2 073 et 2 835 m environ, avec une abondance maximale entre 2 073 et 2 408 m. Son habitat de prédilection comprend les forêts de montagne humides, riches en mousses, fougères et sous-bois dense, ainsi que les plateaux landés ouverts au-dessus de la limite des arbres, dominés par les rhododendrons, les espèces du genre Vaccinium et les arbustes bas. Son aire de répartition connue se situe entièrement à l’intérieur d’un parc national, mais la déforestation, les incendies et le développement du réseau routier, causés par l’activité humaine, continuent de fragmenter son habitat.
Caractéristiques physiques
La gymnure de Leuser, de taille moyenne, mesure entre 13,9 et 15 cm de long, avec une queue d’environ 2,1 à 2,2 cm (soit environ 17,5 % de la longueur de son corps). Son poids varie entre 40 et 54 g. Son pelage doux, brun foncé, s’éclaircit sur le ventre, et sa queue est de couleur uniforme, contrairement à celle de certains congénères qui est bicolore. Sa gorge peut présenter des nuances jaune pâle. Ses oreilles sont de taille moyenne (1,8 à 2 cm), et son profil rappelle celui d’une musaraigne. La structure détaillée de son crâne révèle de légères différences avec les espèces apparentées, mais sa morphologie compacte et insectivore est indéniable.
Comportement et style de vie
On connaît peu de choses à leur sujet, mais l’analyse du contenu stomacal suggère un régime alimentaire riche en vers de terre, et des individus ont été trouvés piégés sous des troncs recouverts de mousse, des racines d’arbres ou des tapis d’herbes près des lisières forestières. Un adulte et deux subadultes ont été capturés ensemble, ce qui laisse supposer des soins parentaux ou un chevauchement de territoires. Il est à noter que les adultes dégagent une légère odeur porcine, mais reconnaissable, absente chez les juvéniles.
Communication
Les observations directes font défaut, mais comme les autres gymnures, l’espèce de Leuser utilise probablement le marquage olfactif, des signaux tactiles subtils et peut-être de doux sons vocaux pour communiquer, compte tenu de sa nature secrète et de son habitat forestier dense.
Régime alimentaire en milieu sauvage
D’après les analyses de son contenu intestinal, il se nourrit principalement de vers de terre. Son habitat montagnard laisse supposer qu’il peut également consommer, de manière opportuniste, des invertébrés vivant sur le sol forestier, bien qu’aucune étude ne confirme un régime alimentaire plus large.
Reproduction et cycle de vie
Aucune donnée sur la reproduction n’est disponible. L’observation conjointe de captures d’adultes et de juvéniles suggère une possible association parent-descendant, mais le calendrier de reproduction, la taille des portées et le développement restent inconnus.
Menaces et état de conservation
Le Gymnure de Leuser, non encore évalué par l’UICN, est confronté à des menaces pour son habitat : déforestation, incendies, expansion des plantations de palmiers à huile, routes illégales et le projet imminent de la route trans-sumatra. Bien que situé au sein d’un parc national, son habitat montagnard spécifique demeure sous pression.
Cette espèce en captivité
Aucun cas de cette espèce en captivité n’a été recensé. Son aire de répartition connue limitée, son comportement discret et ses besoins spécifiques en matière d’habitat rendent improbable son maintien en dehors de son milieu naturel.
